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Ainsi qu il m est possible de choisir le bien-être des femmes !

Posté par: Issa Thioro Gueye| Mercredi 17 juin, 2015 18:06  | Consulté 733 fois  |  0 Réactions  |   

Me voici qui renonce à l aventure politique, ce chemin parfois sans lumière et souvent très ingrat qui mène à mille et un amalgames... Comme la parole politique se meurt à petit feu, j ai décidé de renoncer à mon engagement politique. J y renonce mais garde intact tout l amour que j ai pour ma ville, Rufisque, et ma patrie. J y renonce mais poursuis mon combat pour le bien-etre des familles, avec une prime exceptionnelle aux femmes. Outre les trente mille personnes qui meurent de soif tous les jours, dans le monde, la société politique et la société civile sont entrain de se liquéfier, fondant ainsi comme du beurre sous le soleil égalitariste. Meme si, elles ont beaucoup fait dans la démocratie, pour le Sénégal, pour l Afrique et pour l équilibre du monde. Qu en bien même, par moments, elles en étaient devenues des repères, des allégories voire des traditions. Mais, face à la post-modernité, à l ère du numerique, comment ne pas entrevoir d ici, au fin fond d un grand parc à thèmes, toujours sujet à agiotages et à boursicotages multiples, devant un kiosque achalandé de journaux, à quelques pâtés d un transistor, haut débit, crachant continûment les relents de la défaite de la pensée constructive et de la prospection positive, leur auto-exclusion et leur indétermination. Aujourd hui, détendre pour préparer l opinion entre deux messages ne suffit pas. Et divertir le sujet est révolu... Loin s en faut. Il faut mieux faire selon les nombreux penseurs ayant pu théoriser sur la société-troupeau, parmi lesquels : Ray Bradbury, l auteur de Fahrenheit 451 , Emmanuel Kant, Friedrich Nietzsche, Bernard Stiegler, Sigmund Freud et son neveu américain, Edward Bernays. Toutefois, le concept n a jamais été aussi étudié et approfondi qu il l a été sous la plume de Dany-Robert Dufour. Comme d autres auteurs, Bernard Stiegler et Theodor Adorno à qui on doit le concept d industrie culturelle, dont l analyse critique de la Kulturindustrie demeure d une grande actualité, Dany-Robert Dufour révèle qu il s agirait aussi de prendre en considération le troupeau et de lui donner les pleins pouvoirs de sa survie. Cette vérité est indispensable à qui veut vraiment décrire et repenser notre monde et ses sujets. Plus question alors d accepter d être le mouton de panurge d une société-berger qui a fini d afficher ses limites, sortant la langue vers le bas. La théorie du Track em down l a vilipendée et suspendue au rang de roi sans trône. Tant mieux. N est ce pas ? Aujourd hui, un nouvel espace démocratique se dessine avec son cortège d ordres : les vivres, le pouvoir d achat, les droits de l homme, le savoir, les migrations, la sécurité, la foi, l emploi, les énergies, le marché, la communication… Reste maintenant à s entendre sur la re-définition de cet espace. Le fameux cri de guerre : famille, je vous hais d André Gide, repris par les étudiants de 1968, n est plus d usage à interdire d interdire . Quand on en est vraiment fatigué de tourner en rond et de tirer le diable par la queue, il est en principe normal de changer de disque sans avoir, comme autrefois, à contester la nature . Repenser l espace pour panser les plaies après que la pensée a été défaite. Un acte difficile mais pas impossible même si l acte ne s est pas encore affranchi d une contrainte. Laquelle équivaut à une question. Laquelle se pose à foison et à tue-tête : qu est ce que l espace démocratique ? A ce propos, une littérature fournie existe sur les ouvrages pris isolément. Elle est le fait, soit d intellectuels intéressés par le sujet et l étude des traits saillants qui en découlent, soit d hommes qui racontent sous forme de Portrait un itinéraire politique. La question s est toujours posée mais n a jamais pu être épuisée, faute de réponse partagée. Tout au plus, elle continue de planer au dessus de nos idées et de nos actes… Aujourd hui qu elle persiste et implique un questionnement, elle nous instruit une autre interrogation : qu est ce que, réellement, la démocratie ? Au sens sénégalais du concept, sans sourciller, d aucuns diraient que c est un activisme qui vise la reconnaissance par ses pairs sur la scène politique. Sans hésiter, d autres penseraient que c est un prisme, un fantôme et un spectre, donc une fiction. Difficile alors d y répondre. Par contre, de mon point de vue, ce qu il faut en retenir est une chose : on fait de la démocratie, on ne la définit pas. Autrement dit, la démocratie ne saurait se résumer en une théorie mais se voudrait plutôt une pratique d autant qu elle est le fait d actions, intégrant continûment des discours dont les plus éminents sont aujourd hui : la sécurité intellectuelle, la sécurité alimentaire, la sécurité religieuse, la sécurité énergétique... Dès lors, l on constate que tout repose sur la sécurité et que le partage du savoir, l équation de la faim, la question de la religion et la problématique de l énergie sont au cœur du débat mondial. D abord, le savoir ! L école politico-libertine s est encore trompée d hymne. Très tôt, elle a chanté le self love, cher au maître Adam Smith, alors que la production de l ego n est qu une pathologie et une hétérodoxie. L époque est plutôt à la production et au partage du savoir. Elle l est d autant plus que ni l individualisme ni l égoïsme n ont eu à produire un marché aussi juteux que celui investi par quelques unes des plus grosses fortunes de la planète : Microsoft, Facebook, Twitter, Google, Yahoo, les acteurs du septième art, les animateurs du show biz… ainsi que certains magnats de la presse. Ce n est pas une révolution, je n aime pas ce terme, mais un acte évolutionnaire, une rénovation. Rénovation, car je suis de ceux-là qui pensent que l idée vit et revit… Ensuite, la faim ! Quand elle parle, la planète se retient et l écoute. Toute la planète en souffre mais c est l Afrique qui en pâtit le plus. Cette situation générale amène aujourd hui tous les peuples à se dresser, à tort ou à raison, contre l autorité et à lui réclamer du pain. Or, partout dans le monde, le pouvoir d achat pose problème et les céréales coûtent cher. Difficile de résister aux cours mondiaux et de garder, en même temps, la foi intacte. Ensuite encore, la religion ! Sans doute, faut-il explorer l essence et la portée du discours religieux dans un postulat de Malraux : tout homme rêve d être Dieu . Ou dans la pensée de Garaudy : la victoire des armes les plus lourdes n est pas forcément celle des cultures les plus hautes . Ou encore, entre les lignes du fameux livre de Sigrid Hunke : quand le soleil d Allah brille sur l Occident . La question religieuse se pose ainsi dans un monde marqué, voici des milliers de saisons, par la tergiversation, le doute né des guerres, la barbarie, la haine, les disparités, la contradiction malsaine. Un monde qui a fait l objet de maints exposés de la part de grands penseurs dont le très célèbre homme de culture André Malraux. Sans doute, l un des intellectuels français les plus connus pour avoir déclaré que le vingt-unième siècle sera spirituel ou ne sera pas . Ainsi, si d aucuns voyaient dans l énoncé de ce concepteur une spéculation, une théorie de la représentation symbolique de soi, d autres, par contre, émettaient une révélation, un message à un moment où Simone de Beauvoir s étonne… de découvrir à prés de quarante ans un aspect du monde qui crève les yeux mais que personne ne voit . Comme pour dénoncer les volumineuses sottises débitées pendant le dernier siècle et annoncer son projet : faire toute la lumière sur celles qui constituent, selon la formule de Freud, le continent noir avec une franchise désarmante et un courage de tout dire qui la caractérisent. Aujourd hui, cela ne fait l ombre d aucun doute : les religions s embrouillent, se contredisent et se lancent des pertuisanes de manière énergique. Enfin, les énergies ! Et l on constate que se pose, avec acuité, le débat sur l expansion et la maîtrise du nucléaire. Un regain d intérêt suscité par le fait qu il existe trois facteurs : la  croissance de la demande énergétique, les préoccupations de plus  en plus nombreuses en ce qui concerne la sécurité énergétique et  les défis des changements climatiques . Finalement, le fait est là : on se rend compte que société civile et société politique ont littéralement échoué en voulant trop jouer avec les maux. Un revers se traduisant et s expliquant aussi par trois facteurs : le vertige des populations face à la tortuosité politicienne, l essoufflement d une société civile trop présente aux côtés des politiques et pas assez efficace aux côtés des citoyens ainsi que l urgence d une alternative qui passe par le retrait de soi et l observation de la situation pour revenir puis apporter les meilleurs choix de solution. Sous ce rapport, je ne m attendais pas à ce que ces pans entiers de la démocratie sénégalaise prononcent, si vite, leur mot de la faim - j allais dire leur mot de la fin - et, par la suite, s écroulent comme un château de carte devant la prise de décision courageuse, conséquente et pratique. Ah, les minorités... Où les trouver ? Elles sont dans le petit commerce, la culture, les sports, la rue, les maisons, l ecole, les hopitaux... Ce sont ces minorités qui, seules et loin de tout soupçon d appartenance, sont à même de mener à bien les destinées inhérentes à la survie de la démocratie sénégalaise, par la voie des urnes bien entendu. D autant qu en ce millénaire présent, elles semblent plus proches des nouvelles réalités d exercice du pouvoir que les vaincus de l espace public qui, ma foi, ont tout rendu politique au point de fossoyer l esprit de la démocratie. Assurément, de ce millénaire présent, est apparu un management démocratique tout autre. Aujourd hui, comme tout le monde doit le comprendre ou plutôt comme tout le monde est appelé à le savoir, le tout politique est aussi bien dans la proscription que dans l antériorité. Le tout politique est hors contexte. Seule la production vivrière et énergétique est d actualité. En tout cas, c est ce que, sans ambages, le monde de la consommation semble vouloir apporter comme réplique à la crise alimentaire qui, si l on en croit les prospecteurs, a de beaux jours devant elle. Et sur cette question corrélative à la survie, je ne pense pas que les citoyens puissent continuer, plus profondément, à tremper dans l erreur : le fait de croire que seules les sociétés civile et politique peuvent diriger. Evidemment, après le changement, le Sénégal devait verser dans l évolution. Parce que tout a été déjà dit, parce que tout a été déjà fait en matière de débat.. Restait seulement à mettre en forme. A défaut, il lui serait difficile de survivre aux nouvelles lois du marché politique et économique, imposant la meilleure gouvernance, si l on sait que le Sénégal est parmi les cinquante pays les plus pauvres au monde. Et puis, loin d incarner une forme politique nouvelle ou unique, le Sénégal est un Etat-nation traditionnel, même s il est vrai qu il n en a pas toujours été ainsi. A l époque du changement, le Sénégal semblait s orienter vers un nouveau type de régime politique radicalement partagé, allégrement apprécié. Et tout le monde, dans un même élan, apprécia ce qu il découvrit alors. Mais, sitôt après, tout le monde entrevit également qu un problème couvait. Aucune position politique ni intellectuelle n est plus importante que de comprendre cet échec relatif. Pour ce faire, nous avons assurément beaucoup plus à se réorienter vers la praxis et à apprendre de la crise actuelle que de se divertir par le flottement démocratique. C est pourquoi, je me devais de renoncer..

 L'auteur  Issa Thioro Gueye
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